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Entretien avec Constantza Sedaros

Depuis septembre 2017 Constantza Sedaros fait partie de l'équipe d'encadrement du groupe de loisirs débutants. Titulaire d’un diplôme d’entraîneur, Constantza possède également un Brevet d'État d'Éducateur Sportif et une certification aviron et handicaps. Elle était déjà en charge du groupe aviron adapté de l’ACBB et des équipes de plusieurs grandes écoles dont les bateaux sont abrités sous les hangars du club.

D'où vient ta passion pour l'aviron ?

J'ai commencé l'aviron en 1985 au Club Sportif Municipal de la ville de Iasi à l'Est de la Roumanie. Au départ je ne connaissais pas ce sport mais on m'a proposé d'essayer et j'ai adhéré tout de suite. Après six années de pratique dont deux en immersion complète dans l'équipe séniors de Roumanie (l’équivalent du pôle séniors femmes), je suis devenue entraîneur en 1991.

Parle-nous un peu de ton expérience d'encadrement ?

Ma première expérience a été directement le pôle juniors de Bucarest, puis l'équipe nationale des juniors femmes. De 1992 à 1993 j'ai encadré les juniors du Club Sportif Scolaire 2 de la ville de Constantza (Eh oui j'ai une ville qui porte mon nom, ou l'inverse !) Ensuite, de 1993 et jusqu'à mon arrivée en France en 1996, je suis retournée à mon club d'origine CSM Iasi pour m'occuper des filles juniors. En 2004, après une pause de quelques années consacrée à mes enfants, j'ai commencé à travailler au CNF avec les séniors, les loisirs, les CE et les écoles. Ceci m'a permis de connaître une palette plus large des pratiquants que celle à laquelle j'étais habituée dans mon pays d'origine où l'aviron ne se pratique qu'en compétition et d'une manière presque professionnelle. La naissance de mon quatrième enfant m'a fait lever le pied en ce qui concerne l'aviron, je n’ai donc gardé que les grandes écoles (Sciences Po, Ena et Ensta) Je suis arrivée sur le bassin de l'ACBB en 2011 en suivant Sc Po qui déménageait du CNF pour aller, d’abord au VSN puis, à l’ACBB.

Quelles sont tes activités à l'ACBB ?

Actuellement, à part les étudiants de Sc Po, j'encadre la section Aviron Adapté et les loisirs du samedi matin.

Quel message aimerais-tu transmettre aux rameurs loisirs débutants ?

J'ai retrouvé à l’ACBB les valeurs de l'aviron j’aime tant : l'entraide, l'accueil jovial et de proximité, l'esprit d'équipe, la convivialité, le dynamisme, le partage. Vous aussi vous pouvez porter ces valeurs en participant aux compétitions et aux manifestations du club ou en proposant votre aide dans les domaines que vous maîtrisez.

Comment est née l'activité aviron adapté au sein de l'ACBB ?

L'activité aviron adapté est née d'un hasard et d'une rencontre. Le hasard a fait que mon troisième enfant soit atteint d'une forme d'autisme et la rencontre a été le club, en commençant par Pedro et sa formation d'éducateur handicaps. Tout le monde ou presque connait maintenant Théodore car, avec son 1m95 et ses discussions typiquement autistiques, il ne passe pas inaperçu. Son désir de vouloir faire de l'aviron (pas si étonnant vu le nombre d’heures passées au bord d'un bassin derrière sa maman ou son grand frère) m'a amenée à tenter l'expérience périlleuse d'apprendre ce sport à une personne autiste. Le résultat plus que positif de cet essai ainsi que de celui de la journée découverte de l'aviron pour un public avec autisme proposée par Pedro nous ont poussés à la création de la section Auti-Aviron, devenue au fil du temps Aviron Adapté.

En quoi les rameurs, en particulier ceux du groupe loisir, peuvent-ils contribuer à l'activité Aviron Adapté ?

Si cette section existe c'est aussi grâce aux bénévoles qui sont présents un dimanche sur deux pour ramer, barrer, assurer la sécurité ou accompagner en salle et sur l'ergomètre nos jeunes. Leur patience, leur bienveillance, leur regard positif permettent aux 18 rameurs inscrits de s’intégrer, de s'épanouir pleinement dans la pratique de notre sport, chacun en fonction de ses capacités. Sans ce bénévolat, il est impossible de les encadrer seule. Et les échanges ne sont pas à sens unique car ces jeunes nous apportent énormément et nous poussent hors de nos retranchements pour chercher la meilleure manière d'enseigner le geste de ramer. Les énormes progrès dont ils sont capables, renforcent la motivation de chaque bénévole à transmettre son savoir dans ce domaine. Donner de son temps pour aider ce type de public est une expérience enrichissante à vivre au moins une fois dans sa vie.

Propos recueillis par Pedro Ferreira, photo par Valérie Delafosse