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Vogalonga, rêve d'avironneur

Vingt rameurs de l'ACBB, âgés de 34 à 69 ans, ayant entre 2 et 11 ans de pratique, ont réalisé leur rêve à Venise.

L’aventure commence le samedi 14 mai au matin avec la traversée de la ville à pied jusqu'au grand parking du Tronchetto où nous attendent nos quatre yolettes, transportées depuis Paris par Loïc. En plus du montage habituel il faut les ponter à l'avant et à l'arrière avec du plastique souple et fixer sur les portants des plaques horizontales. Un gros boulot nécessaire et efficace pour empêcher la houle de rentrer. Départ échelonné et retardé ; il faut retourner à l’hôtel chercher des rouleaux de scotch supplémentaires…

La mise à l'eau n’est pas évidente mais la magie de Venise opère très vite : on part dans une lagune tranquille au milieu des grands poteaux qui balisent le chenal. Ce convoyage a pour objectif l’île de Santa Elena à l’est de Venise ou nos bateaux doivent être parqués en attendant de rejoindre la ligne de départ le lendemain. S’il y a d’abord peu de trafic pour les trois bateaux qui ont choisi de contourner l’île de la Giudecca par le sud, le parcours se termine avec une traversée "épique" du Canal Saint-­Marc à la circulation intense. En fin d’après-­midi, les quatre yolettes sont toutes mises à sec sous les arbres et prêtes à prendre… la pluie torrentielle de la nuit.

Après un bon écopage, elles sont remises à l'eau le lendemain matin avec leurs cinq passagers tout de orange vif vêtus pour rejoindre la ligne de départ. Nous attendons à hauteur de la place Saint-­Marc en admirant les bateaux de toute sorte qui nous entourent. Le ciel est bleu et le soleil brille, la mer est paisible.

Au coup de canon, c'’est parti pour 30 km de bonheur ! Il y a du monde mais la Lagune est vaste. Certains passages sont plus étroits et un peu délicats mais rien de terrible. Les bateaux longent des bancs de sable (commode pour les arrêts quoique pas très discret), puis les quais de San Erasmo, et ceux de Burano aux adorables maisons de couleur. Nous admirons l'efficacité des gondoliers et la beauté de leurs bateaux. Le calme n’est rompu que par les coups de pelle dans l'eau et les tambours encourageant les rameurs­ galériens des dragon boats qui nous entourent. La lumière est merveilleuse tout au long de la traversée jusqu'à Murano dont nous empruntons le canal. Encore un peu de mer et c’est l’arrivée dans la ville par le Cannaregio (le petit canal) où la foule est massée pour applaudir.

Des plongeurs sous le pont des Trois Arches aident les bateaux à passer en cas d'encombrement. Ensuite c'est le Grand Canal tranquille, éblouissant, dont la largeur nous permet même de ramer à nouveau en pleine coulisse. A l'arrivée, le bruit, la foule à nouveau mais sur l'eau cette fois, les haut- parleurs qui crient le nom des participants qui franchissent la ligne d'arrivée, la remise des médailles… Puis retour en sens inverse, on coupe le flot de ceux qui arrivent et on repart dans un petit canal paisible. Après c'est l'histoire habituelle : remontée des bateaux, démontage… mais ça va plus vite!

Ce qui est génial c'est de savoir qu'après cette journée inoubliable, ces 30km sur l'eau, il y a encore une soirée et une journée à Venise ! Comme au festival de Cannes ceux qui ont gagné un week­end de bonheur remercient Patrick le responsable de la rando, Loïc notre gentil transporteur et son épouse, les organisateurs vénitiens, le cameraman, les figurants et la météo qui a été parfaite !

M­O D. 05/2016